ORGANISATION RÉVOLUTIONNAIRE ANARCHISTE

Groupe de discussion sur la notion de structure

Ce texte a originellement été publié à la suite de l’assemblée du 1er octobre 20222 à titre de compte-rendu de discussions dans le processus ayant mené à la fondation de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA). Ce processus s’est étalé sur près d’un an et demi et a rassemblée plusieurs dizaines de militant-es autour de comités de réflexion et d’assemblées publiques.

Le groupe a identifié une question fondamentale : comment dépasse-t-on ce qui existe déjà et comment dépasse-t-on notre manque de ressources (matérielles, énergie, temps)? Le réseautage ressemble à ce qui existe déja, alors qu’une nouvelle organisation est en contradiction avec le manque de ressources.

Le groupe s’est demandé à quels besoins doit répondre cette structure :

  • aux besoins de base, répartis en trois pôles : production, reproduction, défense.
  • aux lacunes et aux besoins des projets, des groupes et des lieux déjà existants.
  • à la nécessité de saisir un moment, de mettre en place une nouvelle vision du monde et la création d’alternatives.
  • à la coordination : réseautage, partage de ressources, échanges formels et informels, aux enjeux synthésistes et plateformistes.
  • à la mobilisation publique et au recrutement : intégration, accueil, redirection, formation, connecter les gens aux luttes, inclure les partisan·e·s, rétention, sécurité et solidarité.

Le groupe s’est demandé par où commencer :

  • La communication et le recrutement pour former la base de l’organisation:
    • Rassembler les gens, voir leurs besoins et ce qui émerge.
    • Comment amener les gens à sortir de leur cercle organisationnel actuel?
    • Quels sont nos besoins collectifs partagés?; quels sont les éléments minimaux consensuels?
  • Avoir un local parmi les lieux qui existent déjà.
  • Que ferait cette organisation dans les premières années?
  • Qu’est ce qui nous parle dans cette idée? (Frustration, lacunes, besoins)
  • Partir de ce qui existe déjà: plusieurs groupes +- formels qui ont une façon majoritairement informelle de s’organiser. Cette structure ne les remplacerait pas mais leur permettrait de mieux se coordonner, pourrait les assister.
  • Personnes et énergies requises: est ce que cette structure va nous donner une nouvelle énergie, en libérant notre temps et nos énergies pour les mettre ailleurs, par exemple?
  • Quel niveau de complexité aura cette structure?
    • Pas nécessairement une structure complexe au début.
    • Nous avons besoin d’une structure qui ferait qu’on travaillerait plus ensemble comme groupes militants : une structure de négociation, coordination sans instance décisionnelle, répond aux besoins de recrutement et de protection mais ne répond pas au besoin d’ouverture à d’autres milieux.
    • Partir simplement: site internet, petites rencontres, formaliser les nébuleuses.

Le groupe a également identifié des tensions à propos de:

  • Féderer versus coordonner/réseauter des groupes autonomes (subsumer vs réseauter)
  • Soutenir du pouvoir / subsistance et protection
  • Structure décisionnelle ou non-décisionnelle; dans cette tension il faut différencier, dans le pouvoir de décision, le power to vs le power over. Il faut éviter la tyrannie de la non-structure, on ne veut pas poursuive dans l’informalité, mais on veut une structure qui peut prendre des décisions.
  • Regroupement de groupes vs regroupement d’individus.
  • Appartenance à nos groupes vs appartenance à l’organisation.
  • Les personnes qui ont le plus besoin de cette organisation sont les personnes qui ont le moins de temps et d’énergie pour s’y impliquer.

De là a émergé la proposition qu’il doit exister une organisation anarchiste publique avec une fonction d’organisation et de réseautage et recrutement, et une fonction de stratégie et réflexion politique.