ORGANISATION RÉVOLUTIONNAIRE ANARCHISTE

Groupe de discussion sur les formes d’organisation

Ce texte a originellement été publié à la suite de l’assemblée du 1er octobre 20222 à titre de compte-rendu de discussions dans le processus ayant mené à la fondation de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA). Ce processus s’est étalé sur près d’un an et demi et a rassemblée plusieurs dizaines de militant-es autour de comités de réflexion et d’assemblées publiques.

Le groupe a identifié plusieurs obstacles à la mise sur pied d’une potentielle organisation :

      • la potentielle répression et les niveaux de sécurité entre organisation formelle et informelle; les enjeux soulevés par un travail politique public.
      • la difficulté de donner une image de puissance sans hiérarchie; l’intégration et le travail en commun de plusieurs personnes; la compétition entre les groupes au sujet de nouvelles personnes; les pratiques d’accueil.
      • les disponibilités et les difficultés de participation et d’organisation (par exemple : travail, enfants, contraintes budgétaires, contraintes liées à l’âge), mais aussi l’énergie nécessaire.
      • la tension entre l’absence de lutte à long terme avec la prolifération de luttes spécifiques lancées de manière défensive.
      • la tension entre l’action immédiate et directe et l’action à long terme de manière large; la diversité des tactiques qui n’est pas mise en pratique; la tension entre les groupes en lien avec les tactiques; le manque d’explicitation des divergences et des convergences; le manque de vision commune sur les priorités.
      • la tension entre une organisation large et les formes d’organisation affinitaire; la tendance à une organisation informelle plutôt qu’à une organisation large; le manque d’adhésion à la structure puisque les décisions sont prises de manière informelle.
      • la gestion de conflits personnels et politiques; les rapports de pouvoir; les rapports de genre, de domination et d’exclusion; les types de militance; les capacités individuelles à pouvoir se développer; l’intégration des expériences des personnes marginalisées; les obstacles systémiques.
      • le manque de partage des informations sur ce qui se passe; le manque de ressources et d’énergie; le manque de lieu physique.
      • les limites inhérentes à l’horizontalité.

Le groupe a aussi identifié des aspirations, parmi lesquelles :

      • une organisation pour l’entraide et la vie quotidienne; la possibilité de vivre et de faire autrement; des transformations micro qui permettent la cohabitation de plusieurs types de communautés; la nécessité de rencontres fréquentes; la formation de personnes accompagnatrices; la nécessité de favoriser le développement politique grâce à des tâches stimulantes; la formation pour mieux comprendre la révolte; l’établissement de relations de confiance et de camaraderie; l’établissement de lieux de rencontre ouverts à tous·tes, comme les centres sociaux.
      • la lucidité à être dans l’ouverture, à aider aux niveaux des enjeux d’anxiété
      • les réflexions autour de l’autonomie politique, des moyens d’être ensemble, de prendre position collectivement, des différents modèles d’organisation.
      • la prise en charge de différents types d’activités : vie quotidienne, manifestations,
      • des ponts avec des luttes et des groupes sans culture révolutionnaire; les enjeux de légalité des luttes.Le groupe a travaillé à identifier plusieurs dizaines d’expériences et d’enjeux qui suscitaient de l’enthousiasme politique et qui pourraient alimenter des formes d’organisation.