Appel à la violence
Date limite pour soumettre un texte : 15 octobre 2026
Lignes haute tension , c’est un projet de l’ORA qui souhaite mettre de l’avant, à travers une série de revues, des débats dans le milieu anarchiste. On veut briser l’illusion qu’il n’y a qu’une seule manière de penser au sein du milieu anarchiste et inviter toutes personnes intéressées à se positionner par rapport à des questions qui ne font pas consensus.
Pour sa première édition de la revue Lignes haute tension, l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) propose de s’intéresser à la violence révolutionnaire.
La violence révolutionnaire, à l’instar de celle orchestrée par l’État et le capital, se veut un moyen de libération collective.
Les anarchistes revendiquent l’utilisation de tactiques parfois violentes pour faire face à leurs oppresseurs : sabotage, autodéfense antifasciste, guérillas armées, etc. sont autant de façons dont on se réapproprie la violence pour nous défendre et reprendre du pouvoir dans nos vies et nos communautés.
« Est violence toute atteinte à la vie, à l’intégrité physique ou morale des êtres humains, dès lors qu’une telle atteinte n’est pas imputable à la fatalité ou au hasard, mais qu’une responsabilité humaine y est engagée de manière directe ou indirecte » (Bekaert, 2000)
Et pour parler de violence révolutionnaire légitime :
« Il y a trois sortes de violence.
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- La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.
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- La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.
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- La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. » (Dom Helder Camara, archevêque catholique d’Olinda et Recife de 1964 à 1985)
Dans cet appel de texte, nous vous invitons à répondre aux deux questions suivantes pour pousser plus loin nos réflexions collectives sur la violence révolutionnaire :
Quelle devrait être la place de la violence révolutionnaire dans le contexte sociopolitique actuel au Québec?
De la violence symbolique d’une guillotine en papier mâché à l’assassinat d’un chef d’État, en passant par la riposte armée contre les fascistes et la police, la violence des femmes contre le sexisme, ou encore le séquestration de patrons ou l’incendie de leurs voitures, l’extrême-gauche a historiquement investi une diversité de tactiques plus ou moins violentes. Mais aujourd’hui, alors que la morale libérale et l’appareil de surveillance et de répression de l’État ont gagné en puissance, comment réfléchir stratégiquement l’utilisation de la violence révolutionnaire ?
À quoi pourrait ressembler une éthique de la violence anarchiste?
L’utilisation de la violence révolutionnaire n’est pas exempte de conséquences : elle peut engendrer des représailles parfois difficilement évaluables et gérables tout autant qu’elle a le potentiel de créer de nouveaux cycles de violence et de traumas. Comment pouvons-nous alors mitiger les risques collectivement? Quelles sont nos limites collectives et comment conserver les principes d’autogestion dans les méthodes de guérilla?
Note éditoriale :
L’ORA fera un travail d’édition des textes. Cette édition aura comme objectifs d’aider à la compréhension des textes et de mettre les différents textes en relation. L’ORA ne se positionnera pas sur les idées, à moins qu’elles soient fascistes!
Public ciblé par les textes :
La gauche en général – on veut promouvoir et pousser des réflexions autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du milieu.
Références pour vous inspirer: